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Guerlain, La Beauté Au Cœur Du Vivant
Depuis 1828, Guerlain compose avec les fleurs, les plantes, les matières parfumées, les couleurs et les gestes qui façonnent la beauté. L’abeille accompagne la Maison depuis le Flacon aux Abeilles créé au XIXe siècle ; l’orchidée est devenue un territoire de recherche ; le miel rejoint la science cosmétique ; les matières naturelles conduisent vers leurs producteurs et leurs filières. Derrière le parfum, le soin et le maquillage apparaît ainsi un paysage beaucoup plus vaste, où création, biodiversité, recherche, transmission et métiers d’art se rencontrent.
Les Axes De Lecture Gloss
Suivre les gestes qui accompagnent une création Guerlain, de la composition du parfum à son flacon, en passant par le verre, la dorure, l’habillage, la personnalisation et les collaborations avec les artisans d’exception.
Relier les matières emblématiques de la Maison à leur étude scientifique, depuis les produits de la ruche et l’Orchidarium jusqu’aux ingrédients parfumés, aux procédés d’extraction et aux formules qui en prolongent les propriétés et la sensorialité.
Observer comment Guerlain documente progressivement l’origine de ses créations, accompagne ses filières de matières naturelles et fait évoluer flacons, pots, écrins et systèmes rechargeables pour prolonger leur usage et réduire certains composants.
Découvrir les programmes consacrés aux abeilles, aux pollinisateurs et aux orchidées, depuis l’île d’Ouessant jusqu’au Yunnan, ainsi que les initiatives de conservation, de connaissance et d’éducation développées avec différents partenaires.
Le Regard · De La Matière Qui Inspire À La Vie Qui L’Entoure
Chez Guerlain, la nature n’apparaît pas seulement au moment où une fleur entre dans un parfum ou lorsqu’un miel rejoint une formule de soin. Elle accompagne une grande partie de l’histoire de la Maison. Les matières végétales et les produits de la ruche conduisent vers des territoires, des pratiques de culture, des producteurs, des pollinisateurs et des connaissances dont dépend leur continuité.
L’abeille offre probablement le fil le plus singulier de cette histoire. Présente sur le Flacon aux Abeilles depuis 1853, elle appartient depuis longtemps au patrimoine visuel de Guerlain. Aujourd’hui, elle permet également de relier plusieurs dimensions contemporaines de la Maison : l’Abeille Noire d’Ouessant, la recherche autour des miels, Abeille Royale, Guerlain for Bees, Women for Bees ou encore les programmes éducatifs consacrés aux pollinisateurs.
L’orchidée ouvre une autre voie. Sa diversité botanique nourrit l’Orchidarium et les recherches associées à Orchidée Impériale, tandis que la réserve de Tianzi replace certaines espèces dans leur environnement naturel. La fleur que l’on retrouve dans l’univers cosmétique retrouve ainsi derrière elle une forêt, un territoire et tout un écosystème.
Le parfum élargit encore cette géographie. Rose, jasmin, iris, vanille, bergamote ou fève tonka traversent des filières différentes avant de rejoindre les créations de la Maison. Guerlain accompagne aujourd’hui une partie de ces chaînes à travers des référentiels comme UEBT et Fair for Life, tandis que Bee Respect permet de rendre visibles certaines informations liées aux ingrédients, aux emballages et aux lieux de fabrication.
La création se poursuit enfin dans l’objet. Le Flacon aux Abeilles, les gestes des Dames de Table, les collaborations avec les métiers d’art et le développement de systèmes rechargeables donnent au contenant une histoire qui peut dépasser celle de son premier contenu. Le verre, le cordon, le sceau ou l’écrin deviennent eux aussi des territoires de savoir-faire et d’innovation.
Gloss Planète & Engagements suivra Guerlain à travers ces différentes échelles. De la ruche au laboratoire, de l’orchidée à la forêt, de la matière au parfum et du parfum au flacon, notre lecture cherche à comprendre comment une Maison née de la beauté relie aujourd’hui son patrimoine créatif aux ressources, aux connaissances et aux êtres vivants qui continuent de l’inspirer.
Chez Guerlain,
suivre la beauté jusqu’à son origine
conduit souvent vers le vivant :
une fleur, une abeille, un territoire,
puis les gestes et les connaissances
qui permettent à leur histoire de continuer.
© Dior – Visuel officiel | Source : Instagram
Le Parfum, Le Flacon Et Les Gestes Qui Traversent Le Temps
Chez Guerlain, le savoir-faire commence bien avant que le parfum ne rencontre son flacon. Depuis 1828, plusieurs générations de créateurs ont appris à reconnaître les matières, à construire des accords et à faire évoluer une écriture olfactive sans effacer ce qui donne à la Maison sa mémoire. Certaines créations appartiennent aujourd’hui au patrimoine de la parfumerie ; d’autres naissent encore de ce dialogue entre héritage, intuition et matières nouvelles.
Cette continuité reste vivante dans la création contemporaine. Thierry Wasser, Maître Parfumeur Guerlain depuis 2008, et Delphine Jelk composent aujourd’hui les parfums de la Maison. Le premier parcourt également les territoires de production à la rencontre des matières et de leurs filières ; la seconde développe une écriture qui traverse notamment L’Art & La Matière et Aqua Allegoria. Deux sensibilités différentes prolongent ainsi une histoire commencée près de deux siècles auparavant.
Mais un parfum Guerlain ne se raconte jamais uniquement par sa formule. Depuis les premiers flacons imaginés pour la Maison, le verre participe lui aussi à l’identité de la création. En 1853, le Flacon aux Abeilles est conçu pour accueillir l’Eau de Cologne Impériale offerte à l’impératrice Eugénie. Ses soixante-neuf abeilles et ses festons inspirés de la place Vendôme donnent naissance à une silhouette qui traverse encore aujourd’hui les collections Guerlain.
Depuis sa création, sa réalisation est confiée à Pochet du Courval. Dans les grands formats dorés, certaines versions voient encore leurs abeilles et leurs festons peints à la main à l’or fin 24 carats ou au palladium. Le flacon devient alors le résultat d’une succession de gestes que l’on pourrait facilement oublier lorsque l’on ne regarde que le parfum qu’il contient.
À Orphin, six Dames de Table perpétuent un autre savoir-faire emblématique de la Maison : l’habillage des flacons. Le cordon se pose, se tend et s’équilibre autour du col ; le sceau vient achever la composition. Guerlain rapproche elle-même cette précision de celle de la Haute Couture. Quelques gestes suffisent visuellement, mais leur régularité raconte des années de pratique et une transmission menée de génération en génération.
C’est peut-être là que le savoir-faire Guerlain devient particulièrement émouvant. Une formule peut évoluer, une collection apparaître, un nouvel artiste intervenir, tandis qu’un geste presque minuscule continue de passer d’une personne à une autre. Le patrimoine n’est plus seulement contenu dans les archives de la Maison : il existe pendant quelques secondes dans les mains de celle qui sait exactement comment nouer, placer et terminer.
Les Pièces d’Exception permettent à Guerlain d’ouvrir ce patrimoine à d’autres métiers. Joaillerie, broderie, plumasserie, cristal, sculpture ou arts décoratifs viennent régulièrement rencontrer le Flacon aux Abeilles. Le contenant historique devient alors un territoire offert à la création contemporaine, sans perdre la forme qui permet immédiatement de reconnaître la Maison.
En 2026 encore, cette histoire continue de s’écrire. Les ateliers de broderie Vermont ont travaillé autour du Flacon aux Abeilles, le plumassier Julien Vermeulen l’a transformé en bouquet pour une édition limitée, puis Begüm Khan a été invitée à faire dialoguer son propre univers avec la Guerlinade et l’icône de 1853. À chaque rencontre, le même flacon traverse un autre métier, une autre culture et une autre manière de travailler la matière.
La transmission Guerlain ne consiste donc pas à reproduire indéfiniment le passé. Elle permet au contraire à certaines formes, certains gestes et certains savoir-faire de continuer à rencontrer leur époque. Le parfumeur compose, le verrier façonne, la Dame de Table habille, l’artiste interprète. Et lorsque toutes ces mains se retirent, il reste un parfum et son flacon, mais aussi la trace silencieuse de toutes celles et ceux qui les ont rendus possibles.
Un parfum naît d’une composition.
Puis viennent le verre, l’or,
le cordon et le sceau.
Chez Guerlain, l’émotion tient aussi
dans ces gestes presque invisibles
que des mains continuent
de transmettre à d’autres mains.
Des Fleurs Aux Filières, Retrouver L’Histoire De La Matière
Avant de devenir parfum, une matière Guerlain appartient d’abord à un territoire. Une rose fleurit quelques semaines, une bergamote mûrit sous un climat particulier, une vanille demande du temps avant de révéler son parfum, tandis que l’iris dissimule sous terre une partie de ce que le parfumeur viendra chercher. Derrière quelques gouttes d’essence ou d’absolue existe ainsi tout un monde que le flacon terminé ne laisse presque plus deviner.
La parfumerie Guerlain possède depuis longtemps une relation particulièrement intime avec ces matières. La Guerlinade, signature olfactive de la Maison, réunit six d’entre elles : vanille, bergamote, fève tonka, iris, rose et jasmin. Elles traversent les générations de parfumeurs, changent de proportion, rencontrent de nouvelles compositions et réapparaissent aujourd’hui jusque dans les Extraits Signature de L’Art & La Matière.
La rose Centifolia nous ramène à Grasse. Guerlain indique s’y approvisionner depuis les origines de la Maison et développe aujourd’hui un partenariat avec le domaine Le Mas des Sources. Quatre hectares y sont cultivés en agriculture biologique pour produire notamment roses, tubéreuses et verveine. Des ruches ont rejoint le domaine en 2023 et une vérification indépendante menée par l’UEBT en 2024 a porté sur les pratiques agricoles et le système de traçabilité mis en place autour des fleurs récoltées.
À plusieurs centaines de kilomètres, la bergamote nous conduit vers la Calabre. Guerlain la décrit comme l’un des piliers de son écriture olfactive. D’autres matières ouvrent encore d’autres cartes. Ainsi, une seule composition peut réunir des ingrédients dont les histoires agricoles, les saisons, les transformations et les distances sont entièrement différentes avant qu’ils ne se rencontrent finalement dans le laboratoire du parfumeur.
C’est ici que la connaissance des filières prend toute son importance. Guerlain est membre de l’Union for Ethical BioTrade depuis 2021 et s’appuie également sur le programme Fair for Life. Ces référentiels permettent d’examiner différentes dimensions d’une chaîne : biodiversité, pratiques agricoles, conditions de travail, rémunération des producteurs, traçabilité ou encore partage des bénéfices liés à l’utilisation des ressources naturelles.
La relation ne se limite pas à l’audit. Guerlain indique que ses équipes développement parfums, achats et développement durable rencontrent régulièrement leurs partenaires sur le terrain. Selon les filières, les actions peuvent prendre la forme d’un accompagnement des pratiques agricoles, de nouveaux équipements de transformation ou de plans d’action consacrés à la biodiversité.
La Maison fixe aujourd’hui pour fin 2026 l’objectif d’atteindre soixante-dix filières auditées selon les référentiels UEBT Ethically or Responsibly Sourced ou Fair for Life. Derrière ce chiffre apparaissent autant d’histoires particulières : une plante, des femmes et des hommes qui la connaissent, des techniques de culture ou de récolte et parfois plusieurs intermédiaires avant que la matière puisse rejoindre Guerlain.
Bee Respect permet ensuite au regard de repartir dans l’autre sens. Lancée en 2019, la plateforme de traçabilité de Guerlain rassemble des informations sur la provenance de certains ingrédients, les composants des emballages et les lieux de fabrication. D’abord consacrée au soin, elle a été étendue au maquillage en 2020 puis au parfum en 2021. Le produit fini devient alors une porte permettant de remonter vers une partie de ce qui l’a précédé.
Depuis 2023, Guerlain participe également à TRASCE, initiative collective de l’industrie cosmétique destinée à améliorer la cartographie des chaînes d’approvisionnement de composants de formules et d’emballages. La traçabilité change alors d’échelle : ce qu’une Maison peut apprendre de ses propres produits rejoint progressivement un travail commun sur des chaînes dans lesquelles de nombreux acteurs utilisent parfois les mêmes matières et fournisseurs.
Mais derrière les référentiels, les plateformes et les cartographies, il reste quelque chose de beaucoup plus simple : une matière possède toujours une origine. Retrouver cette origine, c’est remettre derrière le parfum ce que le parfum avait rendu invisible. Une fleur, un champ, une saison, un producteur, un savoir-faire. Et soudain, quelques gouttes dans un flacon Guerlain retrouvent toute une géographie.
Dans un parfum,
la matière semble n’être plus qu’un sillage.
Pourtant, derrière une rose ou une bergamote,
il reste un territoire, une saison,
des gestes et des personnes.
La traçabilité commence peut-être simplement
par le désir de ne pas les oublier.
© Dior Beauty – Visuel officiel | Source : Instagram
© Dior Beauty – Visuel officiel | Source : Instagram
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Du Vivant À La Formule, Lorsque La Recherche Prolonge La Matière
Chez Guerlain, certaines histoires de beauté commencent bien avant la formule. Une orchidée pousse pendant des années avant d’attirer l’attention des chercheurs. Un miel porte avec lui les fleurs butinées par l’abeille et le territoire dont il est issu. Une rose, un iris ou une vanille possèdent déjà leur propre architecture olfactive avant même que le parfumeur ne commence à composer. Le laboratoire reçoit donc une matière qui possède une histoire, puis cherche à comprendre ce qu’elle peut encore révéler.
L’Orchidarium incarne particulièrement cette rencontre entre botanique et recherche cosmétique. Depuis plus de vingt ans, Guerlain étudie les propriétés biologiques et cosmétiques des orchidées au sein d’une plateforme scientifique qui leur est consacrée. Parmi les quelque trente mille espèces connues, la Maison s’est notamment intéressée à la Vanda coerulea, orchidée bleue dont les mécanismes de longévité nourrissent aujourd’hui les recherches associées à Orchidée Impériale.
La fleur change alors de statut. Elle n’est plus seulement admirée pour sa forme ou sa couleur : elle devient un organisme vivant dont les chercheurs observent le fonctionnement. Guerlain travaille sur les mécanismes biologiques associés à sa longévité, sélectionne certains extraits puis développe des technologies destinées à les intégrer dans des formules cosmétiques. Entre l’orchidée et le pot terminé apparaît ainsi tout un parcours de connaissances que l’image de la fleur seule ne permettrait jamais de raconter.
Abeille Royale ouvre une autre voie. Ici, ce sont les produits de la ruche qui entrent dans le champ de la recherche. Le Bee Lab réunit aujourd’hui quinze années de travaux consacrés notamment aux miels et à la gelée royale. Guerlain indique que cette plateforme scientifique s’appuie sur neuf brevets et neuf publications et organise ses recherches autour de plusieurs pôles allant de la connaissance de l’abeille à l’analyse et à l’assemblage de produits de la ruche.
La sélection elle-même devient une étape scientifique. Guerlain indique avoir analysé plusieurs centaines d’échantillons de miel afin d’identifier ceux correspondant aux propriétés recherchées pour Abeille Royale. L’Abeille Noire d’Ouessant rejoint ainsi des miels provenant d’autres territoires. Dans le soin terminé, quelques ingrédients issus de la ruche réunissent donc des géographies éloignées que la recherche a commencé par étudier séparément.
Après la sélection vient la formulation. Les équipes Guerlain associent connaissance biologique, physico-chimie, évaluation et travail sensoriel pour construire des textures capables d’accueillir les actifs tout en répondant à l’expérience recherchée. La Maison documente notamment l’utilisation d’émulsions, de technologies microfluidiques et d’autres architectures formulatoires développées pour conjuguer performance, stabilité et sensorialité.
C’est ici que la beauté Guerlain devient particulièrement intéressante à observer. Une formule ne cherche pas seulement à transporter un ingrédient jusqu’à la peau. Elle possède une texture, un rythme d’absorption, un toucher, un parfum et une manière particulière de se transformer pendant l’application. La science détermine une partie de cette expérience, mais le résultat appartient aussi au langage créatif de la Maison.
La parfumerie suit une logique différente et pourtant familière. Thierry Wasser et Delphine Jelk disposent de matières naturelles dont nous avons remonté les filières, mais ils travaillent également avec les possibilités offertes par la chimie olfactive. Cette rencontre appartient depuis longtemps à l’histoire de Guerlain : dès Jicky, créé en 1889, la Maison associait matières naturelles et molécules issues de la synthèse comme la coumarine et la vanilline, ouvrant un territoire nouveau à la parfumerie moderne.
La Guerlinade illustre la continuité de cette écriture. Vanille, bergamote, fève tonka, iris, rose et jasmin forment depuis plus d’un siècle une sorte de vocabulaire familial. Pourtant, aucune création ne les répète simplement. Les parfumeurs les déplacent, les amplifient, les confrontent à d’autres matières et utilisent les possibilités contemporaines de la composition pour leur donner une nouvelle lumière.
De l’Orchidarium au Bee Lab, puis du laboratoire de formulation à la table du parfumeur, la recherche Guerlain ne raconte donc pas une rupture entre nature et création. Elle raconte plutôt une succession de passages. Le vivant fournit une matière et une question. La science l’observe. Le formulateur ou le parfumeur la transforme. Puis, lorsque le soin touche la peau ou que le parfum se disperse dans l’air, toute cette complexité redevient presque invisible et ne laisse finalement qu’une sensation.
Une orchidée peut devenir recherche.
Un miel peut devenir technologie.
Une fleur peut devenir parfum.
Mais avant la formule,
il reste toujours ce premier instant :
celui où quelqu’un regarde le vivant
et se demande ce qu’il peut encore révéler.
Abeilles, Orchidées Et Territoires Vivants
Chez Guerlain, il suffit de suivre l’abeille pour que la géographie de la Maison s’agrandisse soudainement. Le symbole posé sur un flacon en 1853 nous conduit aujourd’hui vers une île bretonne, des pollinisateurs sauvages, des réserves de biosphère, des programmes scientifiques et des femmes qui apprennent à leur tour à connaître et accompagner les abeilles de leur territoire.
La première étape de ce voyage se trouve au large du Finistère. Depuis 2011, Guerlain soutient l’Association du Conservatoire de l’Abeille Noire Bretonne de l’Île d’Ouessant. Sur ce territoire insulaire, l’Abeille Noire appartient à une population préservée dont le Conservatoire accompagne le développement et la protection. L’île que l’on rencontrait déjà derrière certains miels d’Abeille Royale retrouve ainsi une autre dimension : celle d’un milieu où l’abeille existe avant de devenir une matière de beauté.
À Ouessant, le regard quitte donc naturellement le produit pour revenir vers l’animal. Une ruche n’est jamais isolée de ce qui l’entoure. Pour se nourrir, les abeilles parcourent le paysage, rencontrent les floraisons disponibles et participent à la pollinisation de nombreuses plantes. Comprendre l’abeille revient rapidement à observer tout un réseau de relations entre insectes, végétation, saisons et territoire.
Depuis 2022, Guerlain élargit cette exploration avec le Réseau Biodiversité pour les Abeilles. Le travail porte notamment sur l’inventaire des pollinisateurs sauvages et des ressources mellifères autour des ruches de certains apiculteurs fournisseurs de la Maison, ainsi que sur le choix de semences. L’abeille domestique n’est alors plus seule au centre de l’image : autour d’elle apparaît toute la diversité des insectes qui participent eux aussi à la pollinisation.
Un autre programme nous emmène beaucoup plus loin. Au Mexique, Guerlain travaille depuis 2022 avec la Fundación Selva Maya autour de la protection de l’abeille Melipona. Cette abeille sans aiguillon appartient à une autre histoire, à d’autres pratiques apicoles et à un autre écosystème. D’Ouessant à la forêt maya, le mot « abeille » recouvre soudain des espèces, des comportements et des relations humaines très différents.
La connaissance de ces pollinisateurs constitue elle-même un territoire de recherche. Depuis 2021, Guerlain soutient le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature dans le travail préparatoire à la Liste rouge des espèces menacées d’abeilles sauvages en France. Le mécénat a été renouvelé en 2024 et la publication de cette Liste rouge est actuellement annoncée pour l’automne 2026.
La Maison soutient également le programme SPIPOLL du Muséum national d’Histoire naturelle. Ici, l’observation devient participative : des photographies d’insectes pollinisateurs réalisées par le public rejoignent une base de données utilisée par la communauté scientifique. Une promenade, une fleur et quelques minutes d’observation peuvent ainsi contribuer à construire progressivement une connaissance collective des pollinisateurs.
Bee School ajoute à cette connaissance une dimension de transmission. Créé en 2018, le programme évolue aujourd’hui avec l’Insectarium de Montréal et la Fondation Espace pour la vie. Les contenus sont progressivement élargis à davantage de classes d’âge et, surtout, à l’ensemble des pollinisateurs. L’abeille emblématique de Guerlain devient ainsi une porte permettant de découvrir un monde beaucoup plus vaste d’insectes et de relations écologiques.
Cette collaboration nous conduit même jusqu’au Nunavik, dans le nord du Québec. Guerlain soutient des recherches consacrées aux pollinisateurs dans le cadre du programme Les Sentinelles du Nunavik, qui associe également les jeunes au suivi de la biodiversité. L’histoire commencée avec une abeille sur un flacon parisien traverse alors presque deux siècles et plusieurs milliers de kilomètres pour rejoindre l’observation scientifique d’écosystèmes nordiques.
Women for Bees crée encore une autre relation avec le vivant. Lancé par Guerlain et l’UNESCO en 2020, avec une première édition en 2021, le programme associe formation à l’apiculture, biodiversité et développement d’activités pour des femmes vivant notamment dans des réserves de biosphère. En 2026, pour son cinquième anniversaire, Guerlain indique que plus de deux cent cinquante femmes ont été formées sur quatre continents et que plus de trois mille cinq cents ruches ont été installées.
La géographie de Women for Bees raconte à elle seule la diversité du programme : France, Espagne, Italie, Chine, Japon, Cambodge, Rwanda, Inde ou Pérou apparaissent au fil de ses différentes éditions. Les pratiques ne peuvent pas être identiques partout. Espèces locales, végétation, climat, traditions apicoles et besoins des communautés modifient la manière dont chaque projet peut prendre forme.
En 2026, une nouvelle promotion est ainsi développée dans la réserve de biosphère du Nilgiri, en Inde. Cinquante femmes issues de communautés rurales y commencent une formation à l’apiculture. L’UNESCO insiste aujourd’hui sur l’utilisation de pratiques adaptées aux espèces locales et au fonctionnement des réserves de biosphère, afin que l’activité apicole puisse accompagner la biodiversité plutôt que simplement multiplier le nombre de ruches.
Avec les orchidées, Guerlain nous fait quitter les ruches pour entrer dans une tout autre forme de vivant. Dans le Yunnan, en Chine, la réserve exploratoire de Tianzi appartient depuis plus de vingt ans à l’histoire de la recherche et de la préservation menée autour d’Orchidée Impériale. Guerlain indique que vingt mille orchidées y ont été replantées dans leur milieu naturel.
Cette fois, l’enjeu n’est plus celui d’un pollinisateur mais d’une plante dont l’existence dépend elle aussi de relations complexes avec son environnement. Une orchidée sauvage n’existe pas seule. Sol, humidité, couvert forestier, autres plantes, insectes et micro-organismes participent à un équilibre auquel la fleur appartient bien avant de devenir objet d’étude pour le laboratoire Guerlain.
C’est peut-être là que la biodiversité prend chez Guerlain son sens le plus passionnant. Elle ne constitue pas un décor placé autour de la beauté. Elle permet au contraire de remonter derrière les créations. Derrière Abeille Royale apparaît une abeille. Derrière l’abeille, une île ou une forêt. Derrière Orchidée Impériale apparaît une plante. Derrière la plante, le Yunnan. Puis autour de toutes apparaissent les personnes qui observent, cultivent, étudient, transmettent et apprennent à connaître ces territoires.
Gloss Planète & Engagements aime précisément ce moment où l’histoire change d’échelle. Nous étions partis d’un parfum, d’un soin et d’un flacon. Nous voici à Ouessant, dans la Selva Maya, au Nunavik, dans les Nilgiri et au cœur du Yunnan. La création Guerlain reste notre point de départ, mais le vivant nous entraîne toujours un peu plus loin.
Nous étions partis d’une abeille
posée sur un flacon.
Elle nous a conduits jusqu’à Ouessant,
puis vers des forêts, des orchidées,
des pollinisateurs et des femmes
qui apprennent à leur tour à les connaître.
Chez Guerlain, le vivant ouvre toujours
une porte vers un territoire plus grand.
© Dior Beauty – Visuel officiel | Source : Instagram
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Guerlain · Les Engagements Présentés
La page présente les savoir-faire associés à la création du parfum, au Flacon aux Abeilles, au travail du verre, à l’habillage réalisé par les Dames de Table et aux collaborations qui permettent à différents métiers d’art de rencontrer l’univers Guerlain.
La page relie les matières naturelles à leurs territoires, aux producteurs et aux dispositifs utilisés par Guerlain pour approfondir la connaissance de ses filières, notamment les référentiels UEBT et Fair for Life ainsi que la plateforme Bee Respect.
La page présente les recherches conduites autour des orchidées et des produits de la ruche, les matières emblématiques de la parfumerie Guerlain, la formulation cosmétique et la manière dont science, sensorialité et création se rencontrent dans les soins et les parfums.
La page rassemble les programmes consacrés aux abeilles, aux pollinisateurs et aux orchidées, depuis l’île d’Ouessant jusqu’au Yunnan, ainsi que les initiatives de conservation, de recherche, d’éducation et de transmission développées avec différents partenaires.
Le Périmètre · Une Lecture Fondée Sur Les Informations Publiées
Cette page présente les initiatives, recherches, programmes, dispositifs, objectifs et résultats rendus publics par Guerlain ainsi que, lorsque cela est indiqué, les informations publiées par ses partenaires institutionnels, scientifiques et associatifs.
Les informations sont replacées dans leur contexte : matière première, filière, produit, collection, programme de recherche, territoire, partenariat de conservation, dispositif de traçabilité, système rechargeable, savoir-faire ou collaboration avec un métier d’art.
Une même histoire peut traverser plusieurs de ces périmètres. Le miel d’Ouessant peut ainsi conduire vers l’Abeille Noire, la conservation d’une population locale, la recherche du Bee Lab puis Abeille Royale. Une orchidée peut relier un écosystème du Yunnan, l’Orchidarium, la recherche biologique et Orchidée Impériale. Une rose peut faire apparaître successivement un territoire, un producteur, une filière et finalement une composition parfumée.
Gloss Planète & Engagements relie ces informations sans les confondre. Un objectif annoncé reste présenté comme un objectif jusqu’à la publication d’un résultat. Un chiffre concernant une filière, un produit ou une année conserve son périmètre. Un programme de conservation est distingué de l’utilisation d’une matière dans une formule.
Cette précision documentaire ne cherche pas à éloigner le lecteur de la création. Elle permet au contraire d’aller plus loin dans son histoire : retrouver derrière un parfum, un soin ou un flacon les matières, les personnes, les connaissances et les territoires qui l’ont rendu possible.
Documenter Guerlain,
ce n’est pas retirer la poésie de la création.
C’est suivre son histoire assez loin
pour retrouver derrière elle
une matière, un geste,
une personne et parfois
tout un territoire vivant.
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