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Gloss Planète & Engagements · Dossier Maison · Chopard

Chopard, Lorsque La Matière Entre En Mouvement

Une création Chopard peut commencer par un mouvement mécanique, un lingot d’or, une pierre de couleur ou un diamant soudain libéré entre deux glaces saphir. Depuis 1860, la Maison fait dialoguer horlogerie et joaillerie autour d’une même fascination pour la matière transformée par les mains. Mais derrière l’éclat et la mécanique apparaît aujourd’hui une histoire beaucoup plus vaste : or artisanal, pierres précieuses, acier recyclé, fonderie, manufactures, réparation, circularité et territoires naturels. Gloss Planète & Engagements choisit de suivre ce mouvement depuis l’origine de la matière jusqu’à l’objet, puis au-delà de lui.


Les Axes De Lecture Gloss
Savoir-Faire & Manufactures
Horlogerie · Joaillerie · Fonderie · Métiers D’Art · Transmission

Entrer dans les ateliers pour suivre la matière lorsqu’elle devient mouvement, bijou ou objet d’art : horlogers, joailliers, fondeurs, sertisseurs, graveurs, émailleurs et autres artisans composent une manufacture où conception, transformation et transmission restent intimement liées.

Or, Pierres & Filières
Or Éthique · Diamants · Pierres De Couleur · Mines · Traçabilité

Remonter derrière le métal et les gemmes pour retrouver mines, raffineries, fournisseurs, communautés minières et dispositifs de diligence, depuis les filières d’or utilisées par Chopard jusqu’aux cadres développés autour des diamants et des pierres de couleur.

Matières, Circularité & Durée
Lucent Steel™ · Recyclage · Éco-Conception · Réparation · Cycle De Vie

Observer la matière autrement : acier intégrant une part croissante de contenu recyclé, rebuts réintroduits dans la production, analyse du cycle de vie, entretien et réparation permettent d’explorer ce qui peut arriver avant, pendant et longtemps après la fabrication d’une création.

Territoires & Biodiversité
Alpes · Aigles · Forêts · Mines · Paysages · Écosystèmes

Élargir le regard autour des matières et de la Maison pour retrouver les paysages auxquels elles sont liées : territoires miniers d’Amérique latine, projets de restauration et Alpes suisses deviennent les différentes géographies d’un programme que Chopard rassemble aujourd’hui autour de ses Precious Territories.


Le Regard · De La Matière Immobile Au Temps Qui Commence

L’histoire de Chopard commence en 1860 avec l’horlogerie. À Sonvilier, dans le Jura suisse, Louis-Ulysse Chopard fonde à vingt-quatre ans un atelier consacré aux montres de poche et aux chronomètres de précision. Avant les diamants mobiles, la Haute Joaillerie et les grandes collections contemporaines, la première obsession de la Maison est donc déjà une histoire de mouvement : réussir à faire avancer le temps avec régularité.

Une montre possède quelque chose de fascinant lorsque l’on pense à sa matière. L’acier, l’or et les composants qui la constituent semblent parfaitement immobiles lorsque nous les regardons séparément. Pourtant, une fois découpés, usinés, assemblés et réglés, ils deviennent capables de produire une succession presque infinie de déplacements minuscules.

La joaillerie apporte ensuite une autre forme de mouvement. En 1976, Chopard imagine les Happy Diamonds : des diamants placés librement entre deux glaces saphir afin qu’ils puissent se déplacer avec les gestes de la personne qui porte la création. Une pierre que le sertissage immobilise habituellement reçoit soudain la possibilité de suivre sa propre trajectoire.

Cette idée résume peut-être mieux que toute autre ce que nous aimerions explorer chez Chopard. La matière n’est jamais seulement ce dont l’objet est fait. Elle peut être fondue, alliée, polie, sertie, mise en mouvement, recyclée, réparée puis parfois transformée de nouveau.

Depuis 1978, cette relation passe aussi par la propre fonderie de la Maison. Chopard peut y fabriquer ses alliages d’or et refondre les chutes et résidus issus de sa production. Avant que le métal ne devienne boîtier, bracelet ou bijou, l’or retrouve donc parfois la chaleur du creuset et recommence sous une autre forme.

L’origine de cet or conduit encore beaucoup plus loin. Depuis juillet 2018, Chopard indique utiliser dans ses ateliers exclusivement l’or qu’elle définit comme Éthique pour ses productions horlogères et joaillières. Deux grandes voies sont présentées : l’or artisanal provenant de filières associées notamment à Swiss Better Gold et l’or issu de raffineries certifiées selon la Chain of Custody du Responsible Jewellery Council.

En suivant cette matière, la manufacture suisse disparaît soudain de notre champ de vision. Nous arrivons au Pérou et en Colombie, auprès de mines artisanales et de petites communautés minières. Avec les Barequeros du Chocó colombien, la matière précieuse nous conduit même jusqu’à des orpailleurs indépendants dont l’activité se trouve tout au commencement de certaines chaînes approvisionnant la Maison.

Les pierres possèdent encore une autre histoire. Diamants, rubis, saphirs, émeraudes et pierres de couleur peuvent traverser extraction, taille, traitement, négoce et sélection avant d’arriver entre les mains des gemmologues puis des joailliers Chopard. Le précieux devient alors une géographie faite autant de matière que de personnes.

Mais Chopard ne travaille pas uniquement l’or et les gemmes. En 2019, lorsque l’Alpine Eagle apparaît, la Maison introduit également Lucent Steel™, un acier développé après plusieurs années de recherche et intégrant alors 70 % de matière recyclée. Chopard indique aujourd’hui utiliser un Lucent Steel™ contenant 80 % d’acier recyclé pour ses montres en acier et vise un minimum de 90 % en 2028.

Autour de cette matière, une boucle industrielle locale commence à se dessiner. Les fournisseurs associés au Lucent Steel™ sont situés en Suisse ou dans les pays voisins, à moins de mille kilomètres de l’unité de fabrication concernée. Les chutes d’acier générées pendant la production peuvent être collectées puis réintroduites par les fournisseurs dans la fabrication de nouvel acier de qualité.

Le mouvement prend alors une signification différente. Il ne s’agit plus seulement de celui d’une aiguille ou d’un diamant. La matière elle-même commence à circuler : acier utilisé, chute récupérée, matière refondue, nouvel acier, nouvelle création.

Cette idée de durée se poursuit après l’achat. Chopard indique réaliser plus de soixante-dix mille réparations par an, depuis les ajustements jusqu’aux opérations de maintenance plus complètes. Une montre peut être démontée, nettoyée, lubrifiée et recevoir de nouveaux composants lorsque certains sont trop usés. Les artisans qui avaient permis à la matière d’entrer en mouvement peuvent ainsi la retrouver plusieurs années plus tard pour lui permettre de continuer.

Et puis l’histoire quitte encore une fois l’objet. Avec Precious Territories, Chopard relie désormais différents programmes consacrés aux paysages et aux écosystèmes situés aussi bien en amont de ses matières que près des lieux où la Maison développe ses activités.

En Colombie, certains projets associés aux filières aurifères financent notamment des actions autour de l’eau et de la plantation d’arbres indigènes. Dans les Alpes, l’Alpine Eagle Foundation, créée en 2021, accompagne des actions consacrées à la préservation des paysages alpins et des espèces qui les habitent.

Le nom Alpine Eagle prend alors une profondeur inattendue. Il désigne une montre, mais nous entraîne également vers un paysage réel. La fondation porte aujourd’hui notamment un programme avec les Aigles du Léman visant la réintroduction d’aigles dans les Alpes européennes. Le symbole utilisé dans la création retrouve progressivement l’animal et son territoire.

Gloss Planète & Engagements suivra Chopard dans toutes ces transformations sans les confondre. Une politique d’approvisionnement en or n’est pas un programme de biodiversité. Un acier intégrant du contenu recyclé ne raconte pas la même chose qu’une réparation horlogère. Une fondation philanthropique possède encore son propre périmètre.

Mais lorsque ces histoires restent à leur juste place, elles dessinent ensemble une Maison particulièrement intéressante. Chez Chopard, nous pouvons suivre une matière depuis la mine jusqu’à la fonderie, de la fonderie jusqu’à l’atelier, de l’atelier jusqu’au poignet, puis retrouver quelques années plus tard cette même création entre les mains d’un horloger venu la réparer.

Et parfois le voyage continue encore. Un nom inscrit sur un cadran nous ramène vers une montagne. Une matière précieuse vers les personnes qui l’ont extraite. Un morceau d’acier vers les chutes dont une partie a été récupérée. Chopard nous rappelle ainsi que le mouvement ne concerne pas uniquement ce qui se passe à l’intérieur d’une montre.

La matière elle-même possède son propre mouvement. Elle vient de quelque part, change de forme, traverse des mains et poursuit son histoire dans le temps. Chez Chopard, c’est cette trajectoire que Gloss veut désormais observer.


L’or fond.
Le diamant se met à danser.
L’acier revient dans la boucle.
Le mouvement mesure le temps.
Chez Chopard, la matière
ne reste jamais tout à fait immobile :
elle traverse des mains,
des formes et parfois plusieurs vies.

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Gloss Planète & Engagements · Chopard · Savoir-Faire & Manufactures
Du Creuset Au Mouvement, Lorsque Les Mains Transforment La Matière

Chez Chopard, nous pouvons commencer notre visite dans un endroit où la matière n’a encore aucune forme. Pas de montre, pas de bijou, pas même de lingot. Seulement de l’or, d’autres métaux soigneusement dosés et un creuset dont la température dépassera bientôt mille degrés. Avant le dessin et avant le sertissage, il y a le feu.

La Maison possède sa propre fonderie depuis 1978. C’est là que sont préparés les alliages d’or destinés à rejoindre ensuite les ateliers horlogers et joailliers. Le métal précieux arrive sous différentes formes, il est pesé, associé aux éléments nécessaires à l’alliage puis placé dans le creuset.

La chaleur fait alors disparaître tout ce que nous pensions savoir de la matière. L’or solide devient liquide. Les différents métaux cessent d’être perceptibles séparément et forment un alliage que l’artisan verse dans des moules avant de le refroidir puis de le laminer afin d’obtenir les propriétés recherchées.

C’est un moment étrange dans l’histoire d’une création de luxe : ce qui deviendra peut-être quelques mois plus tard le boîtier parfaitement poli d’une montre ou la structure délicate d’un collier se présente encore sous la forme d’un métal incandescent impossible à toucher.

Paulo, artisan fondeur de la Maison, appartient à cette première étape de transformation. Dans la documentation de Chopard, il raconte être le premier artisan de la manufacture à travailler l’or qui passera ensuite entre les mains de nombreux autres métiers. Le lingot constitue ainsi moins un aboutissement qu’un point de départ.

À partir de lui, la matière commence à voyager dans les ateliers. Elle peut être découpée, laminée, usinée, tournée, polie ou travaillée jusqu’à devenir un élément horloger ou la structure d’un bijou. Chaque métier reprend quelque chose que le précédent a préparé et le rapproche progressivement de la création terminée.

En Haute Joaillerie, ce voyage peut être particulièrement long. Caroline Scheufele imagine la création ; puis modeleurs et fondeurs à cire perdue, joailliers, lapidaires, sertisseurs et polisseurs interviennent successivement. Une seule pièce peut ainsi porter en elle une véritable succession de gestes dont la plupart deviendront invisibles lorsque le bijou quittera l’atelier.

Le travail de la cire offre une image particulièrement belle de cette transformation. Avant de devenir métal précieux, certains volumes existent sous la forme d’un modèle sculpté à la main. L’artisan peut chercher pendant des heures la courbe exacte d’un animal, d’une fleur ou d’un élément décoratif avant que cette forme fragile ne participe au processus qui permettra finalement de la retrouver dans l’or.

Puis viennent les pierres. Le sertisseur reçoit une architecture métallique qui doit accueillir des gemmes dont aucune n’est parfaitement identique à une autre. Dimensions, couleur, forme et fragilité doivent être observées avant de décider comment chacune trouvera sa place.

Chez Chopard, le sertissage est presque une sculpture à une échelle différente. Le métal doit retenir fermement la pierre tout en semblant parfois disparaître derrière elle. Une pression insuffisante compromettrait sa tenue ; une pression excessive pourrait endommager une gemme particulièrement fragile. Le geste se joue dans cet espace minuscule entre force et légèreté.

Et pendant que le joaillier cherche à faire oublier la structure qui maintient la pierre, l’horloger poursuit une autre forme d’invisibilité. À l’intérieur d’une montre, ponts, roues, ressorts, axes et autres composants doivent fonctionner ensemble avec une précision que celui qui regarde simplement l’heure ne verra jamais.

En 1996, Karl-Friedrich Scheufele crée Chopard Manufacture à Fleurier afin de développer et produire des mouvements mécaniques de Haute Horlogerie. La Maison retrouve alors avec une nouvelle profondeur le métier qui avait commencé son histoire en 1860 : construire ce qui fait battre une montre.

La fabrication d’un mouvement demande une autre relation à la matière. Certaines pièces ne mesurent que quelques millimètres. Les tolérances deviennent minuscules. Une surface doit être usinée, contrôlée, décorée puis assemblée avec d’autres composants dont le comportement influencera directement précision, réserve de marche et fiabilité.

La technique n’empêche pourtant pas la beauté d’entrer dans les endroits que presque personne ne regarde. Perlage, Côtes de Genève, anglage, poli miroir, satinage circulaire ou gravure Fleurisanne peuvent habiller des composants cachés une grande partie du temps à l’intérieur du boîtier.

C’est une idée que nous aimons énormément chez Gloss : consacrer du temps à embellir une partie d’un objet que son propriétaire ne verra peut-être qu’exceptionnellement. Le geste ne répond alors plus uniquement à la visibilité. Il appartient à une certaine conception de la bienfacture.

Les métiers d’art ouvrent encore d’autres territoires. Sur les cadrans et les pièces d’exception, Chopard travaille notamment l’émail grand feu, la gravure et différentes techniques décoratives. Avec l’émail, une poudre composée et préparée par l’artisan rencontre à son tour la chaleur d’un four avant que les couleurs ne se révèlent progressivement.

Nous étions donc entrés dans ce chapitre avec un creuset brûlant et nous retrouvons le feu quelques ateliers plus loin. Mais son rôle a changé. Dans la fonderie, il transforme le métal. Dans l’émail, il participe à la naissance d’une couleur. Un même élément devient outil de métallurgie puis outil d’art.

Cette diversité explique aussi la forte intégration de Chopard. La Maison indique aujourd’hui réunir plus de cinquante métiers et professions répartis sur trois sites de manufacture. Concevoir, produire, décorer, assembler, contrôler et entretenir les créations suppose donc une communauté de compétences extrêmement différentes réunies autour du même objet.

Mais un atelier rempli de savoir-faire n’en garantit pas automatiquement la continuité. Une personne doit apprendre ce qu’une autre sait déjà faire. Chopard a créé son premier département interne de formation en joaillerie en 1980, puis une formation dédiée à l’horlogerie à Meyrin en 1989 et à Fleurier en 2006.

La Maison forme aujourd’hui plus de quarante apprentis chaque année dans différents métiers : joaillerie, horlogerie, polymécanique, micromécanique ou terminaison des composants extérieurs de la montre. Pour certains parcours horlogers, l’apprentissage s’étend sur quatre années.

La formation commence parfois par quelque chose de presque symbolique : fabriquer soi-même certains des outils qui accompagneront ensuite le jeune horloger pendant son apprentissage et sa carrière. Avant de travailler sur le temps, il apprend donc à construire une partie de ce qui permettra à ses mains d’agir.

Les apprentis apprennent ensuite à assembler un mouvement, le démonter, le nettoyer, le lubrifier, le contrôler et le réparer. Certaines connaissances concernent la fabrication d’une montre neuve ; d’autres serviront peut-être bien plus tard, lorsqu’une création ancienne reviendra dans les ateliers.

C’est ainsi que le savoir-faire Chopard traverse plusieurs temporalités en même temps. Le fondeur prépare aujourd’hui l’or d’une création à venir. Le joaillier transforme la matière présente devant lui. L’horloger peut intervenir sur une montre fabriquée plusieurs années auparavant. Et l’apprenti apprend déjà un geste dont il deviendra peut-être lui-même le transmetteur.

Cette circulation rejoint parfaitement l’histoire que nous avons commencé à raconter avec Chopard. Le mouvement n’est décidément pas seulement celui des aiguilles. Une matière passe du solide au liquide, du lingot au composant, de la cire à l’or, de la pierre libre au sertissage, puis de la main expérimentée à celle qui apprend encore.

Lorsque la création quitte finalement la manufacture, tout semble immobile et évident. Le bijou brille. La montre fonctionne. Pourtant, derrière cette apparente simplicité se cachent le feu de la fonderie, les outils, les microscopes, les métiers, les essais, les gestes répétés et des dizaines de personnes qui ont transformé la matière avant que nous puissions seulement la regarder.

Chez Gloss Planète & Engagements, c’est précisément ce mouvement invisible que nous voulons retrouver. Nous étions entrés dans le four avec quelques grammes de métal. Nous en ressortons avec une montre, un bijou et surtout une évidence : chez Chopard, la manufacture est l’endroit où la matière apprend progressivement ce qu’elle va devenir.


À plus de mille degrés,
l’or oublie sa première forme.
Puis viennent le lingot,
l’outil, la pierre et le mouvement.
Chez Chopard, la manufacture
est l’endroit où la matière
passe de main en main
jusqu’à apprendre ce qu’elle va devenir.

Gloss Planète & Engagements · Chopard · Or, Pierres & Filières
De La Mine Au Creuset, Retrouver L’Histoire Avant La Matière

Dans notre précédent chapitre, nous avions rencontré l’or au moment où il entrait dans la fonderie Chopard. À plus de mille degrés, le métal perdait sa forme avant de devenir lingot, composant horloger ou structure joaillière. Mais avant le creuset existait déjà une histoire beaucoup plus longue. L’or avait été extrait, recueilli, vendu, raffiné et transporté avant qu’un artisan de la Maison puisse seulement le peser.

Suivre cette histoire nous oblige à quitter immédiatement Genève et Fleurier. Une partie de l’or artisanal utilisé par Chopard nous conduit aujourd’hui vers le Pérou et la Colombie, dans des exploitations minières à petite échelle où la matière précieuse commence entre les mains de personnes très éloignées des ateliers qui la transformeront finalement.

Depuis juillet 2018, Chopard indique utiliser exclusivement dans ses ateliers l’or qu’elle définit comme Éthique pour ses productions horlogères et joaillières. Ce terme correspond chez la Maison à deux chaînes d’approvisionnement distinctes : l’or artisanal issu notamment de mines participant à Swiss Better Gold ou à des systèmes Fairtrade, et l’or provenant de raffineries certifiées selon la Chain of Custody du Responsible Jewellery Council.

Cette distinction est importante. Tout l’or Chopard ne vient donc pas d’une seule mine, d’un seul territoire ou d’un seul modèle d’extraction. Plusieurs filières peuvent converger vers la même fonderie, chacune avec ses propres acteurs, ses propres systèmes de contrôle et sa propre histoire.

La Maison indique aujourd’hui qu’au minimum soixante-dix pour cent de son or fin provient de mines artisanales et à petite échelle accréditées dans le cadre de Swiss Better Gold, tandis qu’environ trente pour cent correspond à de l’or Chain of Custody provenant de raffineries certifiées par le Responsible Jewellery Council.

Les mines artisanales nous font rencontrer une réalité très différente de celle d’une grande exploitation industrielle. Les volumes sont plus petits, les équipements souvent beaucoup plus simples et l’activité peut être organisée autour de personnes travaillant seules, de familles, de petites entreprises ou de coopératives.

Pour Chopard, travailler avec cette filière présente un intérêt particulier : la Maison indique pouvoir suivre l’or artisanal concerné depuis la mine jusqu’au marché tout en accompagnant des programmes visant les conditions de travail, l’organisation des activités minières et certains impacts environnementaux et sociaux.

Depuis 2017, Chopard appartient à Swiss Better Gold et un représentant de la Maison siège aujourd’hui au conseil d’administration de l’organisation. Les équipes Chopard indiquent également visiter périodiquement les sites miniers associés à cette filière. La connaissance de la matière ne repose donc plus uniquement sur un certificat placé à l’extrémité de la chaîne : elle peut aussi conduire les équipes jusqu’au territoire d’extraction.

En Colombie, cette relation devient particulièrement visible avec les Barequeros du Chocó. Depuis 2019, Chopard participe avec Swiss Better Gold à une chaîne consacrée à ces orpailleurs artisanaux indépendants. La Maison indique aujourd’hui que le programme concerne plus de neuf cents mineurs.

Le mot « mineur » ne suffit pourtant pas à raconter leur pratique. Les Barequeros travaillent à petite échelle dans une région parcourue par de nombreuses rivières. Ils recueillent l’or artisanalement avant que celui-ci rejoigne une chaîne capable de l’accompagner vers le marché international.

Le programme prévoit pour les participants une rémunération associée à leur production ainsi qu’une prime versée sur chaque gramme d’or vendu. Des actions de formation concernent également des sujets comme la santé, la sécurité ou l’égalité entre les femmes et les hommes.

Cette prime nous rappelle quelque chose que le lingot avait totalement fait disparaître : avant de devenir quelques grammes d’or parfaitement homogènes dans une fonderie suisse, la matière avait une valeur économique immédiate pour une personne, une famille et parfois tout un territoire.

La deuxième grande voie d’approvisionnement en or passe par des raffineries certifiées selon la Chain of Custody du Responsible Jewellery Council. Le système repose notamment sur l’identification et le suivi de matières considérées comme admissibles selon le standard, parmi lesquelles peuvent figurer certaines catégories d’or recyclé vérifié.

Cette voie possède une relation particulière avec la fonderie Chopard. Depuis 1978, la Maison peut elle-même refondre les chutes et résidus d’or générés pendant sa production. Une partie de la matière qui semblait avoir terminé sa fonction peut ainsi retourner au creuset au lieu de quitter immédiatement la chaîne.

L’or nous donne donc déjà plusieurs significations du mot traçabilité. Dans certaines filières artisanales, nous pouvons remonter vers une mine identifiée et les communautés qui y travaillent. Dans les chaînes certifiées RJC, le suivi repose sur un système documenté de chaîne de contrôle. Et à l’intérieur de la manufacture, les chutes peuvent connaître leur propre boucle de récupération.

Les diamants nous font entrer dans un autre univers. Entre la mine et le bijou apparaissent le diamant brut, son commerce, la taille, le polissage, la classification et finalement la sélection. Chopard indique appliquer les principes du Processus de Kimberley ainsi que les systèmes de garanties associés aux pratiques du Responsible Jewellery Council.

La Maison demande également à ses fournisseurs de diamants de ne pas acheter ou vendre de pierres susceptibles de contribuer au financement de conflits armés, provenant de sources suspectes ou inconnues ou de territoires ne participant pas au système applicable du Processus de Kimberley. Chopard indique refuser les pierres qui ne satisfont pas ces exigences.

Cette politique nous montre une autre dimension du précieux. Une pierre peut être extraordinaire par sa couleur ou sa pureté et rester inutilisable pour la Maison si son histoire documentaire ne répond pas aux exigences définies pour son approvisionnement.

Avec les pierres de couleur, la route devient encore plus difficile à reconstruire. Rubis, saphirs, émeraudes, tourmalines et autres gemmes peuvent provenir de chaînes très diverses, composées de mines parfois petites, de négociants, de lapidaires et de marchés intermédiaires répartis dans plusieurs pays.

Chopard souligne elle-même que la traçabilité de ces pierres demeure un sujet complexe. Depuis 2019, les pierres de couleur sont intégrées au champ de certification du Responsible Jewellery Council, tandis que la Maison a rejoint la même année le Coloured Gemstones Working Group afin de travailler avec d’autres acteurs du secteur sur les pratiques et la transparence de cette filière.

Certaines créations permettent néanmoins de suivre une pierre beaucoup plus précisément. Chopard a par exemple documenté une tourmaline Paraíba issue de la mine de Mavuco au Mozambique, dont le parcours jusqu’aux ateliers a été accompagné de documents à différentes étapes. Une pierre individuelle peut alors devenir presque un dossier de voyage.

Mais Gloss évitera de transformer un exemple particulièrement documenté en caractéristique automatique de toutes les gemmes utilisées par la Maison. Une pierre suivie depuis sa mine démontre ce qu’il est possible de documenter dans une filière donnée ; elle ne signifie pas que chaque rubis, chaque saphir ou chaque émeraude possède aujourd’hui exactement le même niveau de traçabilité.

Cette distinction correspond également au programme plus général de diligence raisonnable de Chopard. La Maison décrit aujourd’hui un système en cinq étapes appliqué aux grandes catégories de matières et produits, avec cartographie des risques, procédures adaptées, suivi des fournisseurs et mécanismes permettant d’identifier les situations nécessitant une analyse renforcée.

Les rapports de diligence de la Maison montrent d’ailleurs que certaines chaînes peuvent produire des signaux nécessitant davantage de vérifications, notamment lorsqu’une matière provient d’une zone considérée comme présentant des risques élevés ou lorsqu’une évolution géopolitique modifie les conditions dans lesquelles elle peut être achetée.

C’est une dimension essentielle de notre lecture. La traçabilité n’est jamais un état définitivement acquis. Une filière peut évoluer. Un fournisseur peut changer. Une réglementation peut être modifiée. Un territoire jusque-là accessible peut devenir plus risqué. Connaître l’origine d’une matière demande donc de continuer à la suivre.

Et lorsque nous revenons enfin dans la fonderie Chopard, le lingot ne paraît plus tout à fait identique. Il possède toujours la même couleur et la même masse. Pourtant, nous savons maintenant que plusieurs routes peuvent avoir conduit jusqu’à lui : une petite exploitation péruvienne, un Barequero colombien, une raffinerie certifiée, ou même une chute d’or qui avait déjà connu une première vie dans les ateliers.

Chez Chopard, le mouvement de la matière commence donc longtemps avant le mécanisme d’une montre. L’or circule d’un territoire vers une filière, d’une filière vers une raffinerie, puis vers le creuset. Une pierre passe de la terre au lapidaire, du négociant au gemmologue puis au sertisseur. Chacune transporte avec elle une histoire que l’objet terminé rend presque invisible.

Gloss Planète & Engagements veut précisément remettre cette histoire en mouvement. Nous étions partis d’un lingot dans une manufacture suisse. En remontant suffisamment loin, nous avons retrouvé des rivières colombiennes, des territoires miniers, des fournisseurs, des systèmes de contrôle et les personnes dont le travail commence bien avant celui du joaillier.


Avant le lingot, il y avait une mine.
Avant le sertissage, une pierre avait voyagé.
Et avant que l’or entre dans le creuset,
des personnes l’avaient déjà cherché,
recueilli, vendu et accompagné.
Chez Chopard, remonter la matière
revient toujours à retrouver
les mains qui existaient avant l’atelier.

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Gloss Planète & Engagements · Chopard · Matières, Circularité & Durée
De L’Acier Qui Revient À La Montre Qui Continue

Une montre terminée donne l’impression que la matière a atteint sa destination. L’acier est devenu boîtier, le bracelet s’articule autour du poignet et le mouvement bat derrière le cadran. Chez Chopard, pourtant, l’histoire matérielle ne s’arrête pas nécessairement lorsque l’objet quitte la manufacture. Certaines chutes retournent dans une filière de production, certains composants seront un jour entretenus ou remplacés et la création elle-même peut revenir plusieurs années plus tard entre les mains d’un horloger.

Lucent Steel™ permet d’observer cette circulation presque physiquement. Introduit avec Alpine Eagle en 2019 puis généralisé en 2023 aux montres Chopard en acier, boîtiers et bracelets compris, cet acier contient aujourd’hui au moins quatre-vingts pour cent de matière recyclée selon la Maison.

Chopard vise désormais un minimum de quatre-vingt-dix pour cent de contenu recyclé dans Lucent Steel™ à horizon 2028. Le chiffre raconte une progression, mais ce qui nous intéresse encore davantage se trouve derrière lui : d’où vient la matière qui permet de fabriquer cet acier ?

Une partie provient de rebuts industriels de haute qualité issus de l’horlogerie suisse, auxquels s’ajoutent des aciers provenant notamment des secteurs médical, aéronautique et automobile. Des matières dont la première histoire n’avait parfois aucun rapport avec une montre peuvent ainsi entrer dans une nouvelle chaîne destinée à l’horlogerie.

Cette rencontre possède quelque chose d’assez extraordinaire. Un acier utilisé dans un environnement industriel peut être récupéré, retraité puis rejoindre un alliage dont les exigences doivent satisfaire la précision et les finitions d’une création Chopard. Le recyclage ne consiste donc pas seulement à remettre de la matière dans un four : il faut obtenir à nouveau une qualité compatible avec la fonction qui l’attend.

Autour de Lucent Steel™, Chopard a construit ce qu’elle décrit comme une boucle de production locale et circulaire. Les fournisseurs concernés sont situés en Suisse, en Autriche, en France, en Allemagne ou en Italie, à moins de mille kilomètres des unités de fabrication associées à la Maison.

La distance ne suffit évidemment pas à rendre une matière circulaire, mais elle ajoute une dimension géographique intéressante à cette organisation. L’acier ne disparaît pas dans une chaîne mondiale impossible à visualiser : collecte, transformation et retour de certains volumes peuvent s’inscrire dans un périmètre européen relativement resserré.

Les chutes produites par Chopard pendant la fabrication rejoignent elles aussi cette boucle. Elles sont collectées par les fournisseurs puis recyclées afin de produire de nouvel acier de qualité. La matière découpée lors de la fabrication d’un composant ne constitue donc pas nécessairement la dernière étape de son histoire.

Cette image correspond parfaitement à notre voyage Chopard. Dans la fonderie, nous avions vu l’or perdre sa forme sous l’effet de la chaleur. Avec Lucent Steel™, une autre matière fait à son tour l’expérience du recommencement : ce qui avait été découpé, utilisé ou écarté peut redevenir matière première.

Mais une boucle matérielle ne raconte qu’une partie de la vie d’un produit. Chopard travaille également sur l’analyse de ce qui se passe depuis l’origine des matières jusqu’à la fabrication, la distribution, l’utilisation et la fin de vie. L’Analyse du Cycle de Vie permet précisément de déplacer le regard vers l’ensemble de ce parcours.

La collection de joaillerie Ice Cube a ainsi fait l’objet d’une Analyse du Cycle de Vie. Chopard explique utiliser les résultats pour identifier les étapes où se concentrent certains impacts puis définir des pistes d’amélioration le long de la chaîne de valeur.

L’intérêt de cette méthode réside dans le changement d’échelle qu’elle impose. Un bijou n’est plus seulement observé à partir de son or, de son poids ou de son lieu de fabrication. Extraction et préparation des matières, transformation, énergie, transport, distribution, usage et fin de vie peuvent progressivement rejoindre la même lecture.

Chopard indique vouloir étendre d’ici 2027 ce travail d’Analyse du Cycle de Vie à l’ensemble de ses montres et bijoux ainsi qu’à ses accessoires les plus vendus et à son nouveau concept de boutique. L’objectif reste donc encore en cours de déploiement et Gloss le conserve comme tel.

Mais la durée possède chez Chopard une dimension beaucoup plus tangible encore. Chaque année, la Maison indique effectuer plus de soixante-dix mille réparations, depuis un simple ajustement de taille jusqu’à des opérations complètes de maintenance.

Une création qui revient chez Chopard apporte avec elle quelque chose que la manufacture ne pouvait pas prévoir : son usage. Une rayure, une articulation fatiguée, un composant mécanique usé ou un mouvement dont la précision s’est modifiée racontent les années passées hors de l’atelier.

Pour les montres, Chopard distingue notamment le service de maintenance du service complet. Lors d’une intervention approfondie, le mouvement peut être démonté, nettoyé et lubrifié, tandis que les composants détériorés sont réparés ou remplacés lorsque cela est nécessaire.

Le geste est presque l’inverse de celui que nous avions observé dans la manufacture. Lors de la fabrication, différentes pièces se rapprochaient progressivement jusqu’à devenir montre. Pendant un service complet, l’horloger les sépare à nouveau afin de comprendre ce qui s’est passé à l’intérieur du mécanisme.

Échappement et balancier sont contrôlés et lubrifiés. Le mouvement est réglé. Le boîtier et le bracelet métallique peuvent être nettoyés. Les joints sont remplacés sur les modèles concernés puis l’étanchéité est contrôlée. Enfin, le fonctionnement et l’apparence de la montre font l’objet d’une dernière vérification.

Et même les Happy Diamonds reviennent dans l’histoire : lors des services prévus par la Maison, leurs diamants mobiles peuvent être nettoyés afin de retrouver leur mouvement et leur apparence. Les petites pierres que Chopard avait libérées entre deux glaces en 1976 peuvent donc, plusieurs années après leur fabrication, retrouver l’atelier simplement pour continuer à danser.

Les bijoux possèdent eux aussi leurs gestes d’entretien : nettoyage, polissage et ajustement de taille font partie des services actuellement proposés. Là encore, prolonger l’existence d’un objet ne demande pas nécessairement de le transformer entièrement. Une intervention relativement discrète peut suffire à lui permettre de poursuivre son usage.

Cette continuité est essentielle lorsque l’on parle de circularité. Recycler est une possibilité importante lorsque la matière arrive réellement à une nouvelle étape de son existence. Mais avant de déconstruire l’objet, il existe une autre ressource déjà disponible : l’objet lui-même.

Une montre que l’on entretient demeure une montre. Un bijou ajusté demeure le même bijou. Aucune nouvelle extraction, refonte ou transformation complète n’est nécessaire pour recréer ce qui existe déjà. La durée devient ainsi une autre manière de regarder la matière : non plus uniquement comme quelque chose à récupérer, mais comme quelque chose dont on peut continuer à prendre soin.

Chez Chopard, cette idée rejoint parfaitement celle du mouvement. Le mouvement mécanique a besoin d’entretien pour continuer à battre. L’acier peut revenir dans une boucle afin de devenir une nouvelle matière. Les chutes quittent la manufacture puis y reviennent sous une autre forme. Même l’analyse du cycle de vie consiste finalement à regarder le produit comme un parcours plutôt que comme un instant.

Gloss Planète & Engagements aime ce déplacement parce qu’il évite de réduire la circularité au seul recyclage. Une matière peut circuler. Un composant peut être remplacé. Une création peut être réparée. Et parfois la meilleure manière de donner une nouvelle vie à un objet consiste simplement à permettre à la première de continuer.

Nous avions commencé notre histoire Chopard avec une montre dont les aiguilles avançaient. Nous découvrons maintenant que presque tout autour d’elles peut également être pensé en mouvement : l’acier, les rebuts, les pièces détachées, les gestes de maintenance et le temps lui-même.

La matière entre dans la manufacture, devient création, quitte l’atelier puis peut y revenir des années plus tard. Chopard nous donne ainsi une image particulièrement belle de la durée : non pas une ligne droite allant du neuf vers l’usé, mais une histoire faite de retours, d’interventions et de recommencements.


L’acier revient.
La montre revient.
Et parfois l’horloger retrouve
plusieurs années plus tard
le mouvement qu’une autre main avait assemblé.
Chez Chopard, faire durer
donne à la matière
une autre manière de continuer à bouger.

Gloss Planète & Engagements · Chopard · Territoires & Biodiversité
De La Mine Aux Alpes, Lorsque La Matière Nous Ramène Au Paysage

Nous avions suivi l’or jusque dans la fonderie Chopard. Puis, en remontant son parcours, nous avions retrouvé le Pérou, la Colombie, les mines artisanales et les personnes qui travaillaient la matière avant qu’elle n’arrive en Suisse. Mais lorsqu’on reste encore un peu plus longtemps sur ces territoires, la mine cesse elle-même d’être le dernier point de notre voyage.

Autour d’elle existent de l’eau, des sols, des arbres, des rivières, des communautés et des paysages dont l’activité minière fait désormais partie. La matière précieuse ne vient donc jamais d’un simple point sur une carte. Elle vient d’un territoire vivant.

C’est cette échelle que Chopard rassemble aujourd’hui sous le programme Precious Territories. La Maison distingue notamment des actions situées en amont, dans les régions où certaines matières premières sont extraites, et d’autres développées plus près de ses propres activités et de ses territoires d’inspiration.

Pour Gloss Planète & Engagements, cette distinction est particulièrement intéressante. Elle permet de ne pas raconter la biodiversité comme un chapitre séparé de l’histoire de la matière. Dans certains cas, nous sommes précisément revenus vers le paysage parce que nous avions décidé de suivre suffisamment loin l’or qui en était sorti.

En Colombie, la prime associée à Swiss Better Gold finance ainsi différents projets locaux autour des communautés minières et de leur environnement. Chopard cite notamment le développement de sources d’eau et la plantation d’espèces d’arbres indigènes à proximité de certains territoires miniers.

Le métal jaune auquel nous pensions au début du voyage commence alors à perdre sa couleur. Nous ne regardons plus le lingot, mais l’eau disponible autour d’un site, la végétation que l’on cherche à restaurer et les personnes qui habitent ces paysages bien après le départ de la matière extraite.

À Tenerife, en Colombie, Chopard indique aujourd’hui que trente mille arbres indigènes ont été plantés dans le cadre des actions associées à Precious Territories. Derrière ce chiffre apparaissent moins des montres ou des bijoux qu’une autre temporalité : celle d’un arbre dont la croissance continuera longtemps après la plantation.

Cette différence de rythme est fascinante. Dans une manufacture horlogère, quelques fractions de seconde peuvent déterminer la précision d’un mouvement. Dans un projet de restauration d’un paysage, les résultats peuvent demander des années avant de devenir véritablement perceptibles. Chopard nous fait ainsi passer d’un temps mécanique à un temps biologique.

L’eau constitue un autre lien entre extraction et territoire. La Maison suit également les problématiques hydriques associées à certaines mines de sa chaîne d’approvisionnement en or, notamment en Amérique latine. Certaines exploitations partenaires se trouvent dans des régions où le stress hydrique est déjà élevé.

Cette réalité élargit encore notre lecture de l’or. La question n’est plus seulement de savoir qui l’a extrait et comment il a été suivi. Elle conduit aussi vers les ressources que l’activité partage avec les populations locales et les écosystèmes environnants.

Mais Precious Territories regarde également dans l’autre direction. Nous quittons alors l’Amérique latine et revenons vers les paysages qui entourent l’histoire suisse de Chopard : les Alpes.

L’Alpine Eagle Foundation est créée en 2021 autour d’un objectif explicitement formulé : préserver les Alpes. Ses projets cherchent à sensibiliser, mobiliser et soutenir des actions consacrées à la région alpine et aux espèces qui y vivent.

Le nom est extraordinairement Chopard. Alpine Eagle est celui d’une collection horlogère introduite en 2019, inspirée par les paysages alpins et par l’aigle. Mais quelques années plus tard, le regard quitte le cadran et retrouve l’animal réel.

À travers la Fondation Alpine Eagle, Chopard soutient notamment Les Aigles du Léman. Le programme actuellement présenté par la Maison prévoit la remise en liberté de quatre-vingts aigles à horizon 2030.

L’animal utilisé comme source d’inspiration créative devient ainsi le point de départ d’une autre histoire. Une montre peut reprendre les couleurs d’un paysage, évoquer la lumière d’un glacier ou le regard d’un rapace. Mais lorsque l’on suit l’aigle lui-même, le vocabulaire change complètement : habitat, nourriture, reproduction, déplacement et coexistence avec les activités humaines remplacent acier, cadran et mouvement.

C’est précisément ce passage qui nous passionne. L’aigle n’est pas « durable » parce qu’il a donné son nom à une montre. Et la protection des Alpes ne constitue pas une propriété environnementale automatique de la collection Alpine Eagle. Ce sont deux histoires distinctes que l’identité de Chopard permet pourtant de faire dialoguer.

La Maison elle-même maintient cette séparation en présentant l’Alpine Eagle Foundation comme un projet philanthropique. Certaines références de la collection ont néanmoins été associées à un soutien financier à la Fondation, créant alors un lien explicite entre création et financement d’actions, sans confondre le produit avec le programme lui-même.

Et lorsque nous levons les yeux vers l’aigle, nous sommes une nouvelle fois obligés de regarder tout ce qui l’entoure. Un grand rapace dépend d’un espace suffisamment vaste, de ressources alimentaires, de sites adaptés et d’un environnement dans lequel il peut se déplacer. Protéger l’animal revient rapidement à poser des questions sur l’ensemble du paysage.

Le mot « territoire » prend alors tout son sens. Il ne s’agit pas uniquement d’un décor spectaculaire photographié derrière une montre. Un territoire est un système dans lequel sols, eau, végétation, faune et activités humaines se rencontrent et se transforment mutuellement.

C’est ce lien qui rapproche finalement les paysages colombiens et les Alpes, malgré tout ce qui les sépare. En Colombie, nous étions arrivés par l’or. En Suisse, nous revenons par l’histoire et l’inspiration de la Maison. Dans les deux cas, le regard finit par dépasser l’objet pour observer les milieux auxquels il est relié.

Chopard présente ainsi Precious Territories comme un programme allant des régions où sont extraites certaines matières jusqu’aux territoires situés plus en aval de sa chaîne et autour de ses activités. Cette architecture nous plaît parce qu’elle accepte une idée simple : il existe un avant et un après autour de toute création.

Avant la montre, il y a la matière. Avant la matière, un territoire. Après la création, il reste encore les paysages dans lesquels la Maison produit, travaille, s’inspire et agit. Le produit n’occupe finalement qu’un moment au milieu d’une histoire beaucoup plus longue.

Et c’est ici que notre idée du mouvement trouve sa dernière expression. Nous avions vu tourner les roues d’un calibre, danser les Happy Diamonds, fondre l’or et revenir l’acier dans une boucle. Maintenant le mouvement devient presque impossible à observer : de l’eau circule dans un paysage, un arbre grandit, un aigle quitte un site de relâcher et disparaît progressivement dans le ciel.

La Maison du mouvement nous conduit donc finalement vers quelque chose qu’aucun mécanisme ne peut contrôler. Les territoires possèdent leur propre rythme. Les arbres poussent, les espèces se déplacent, les paysages évoluent et les interventions humaines n’en constituent qu’une partie.

Gloss Planète & Engagements avait commencé l’histoire Chopard devant une montre. À force de suivre ses matières et ses symboles, nous nous retrouvons maintenant dehors : près d’une mine colombienne, devant des arbres nouvellement plantés, puis au cœur des Alpes à regarder un aigle prendre de la hauteur.

Et peut-être est-ce la plus belle manière de terminer notre voyage avant la synthèse documentaire. Le mouvement que Chopard avait enfermé dans quelques centimètres de mécanique finit par devenir immense. Une aiguille avançait sur un cadran. Maintenant, c’est tout un paysage qui continue de vivre autour d’elle.


Nous avions commencé par un mouvement
enfermé dans une montre.
Puis l’or nous a conduits vers une mine,
la mine vers l’eau et les arbres,
et Alpine Eagle vers un véritable aigle.
Chez Chopard, le mouvement finit par quitter l’objet
pour retrouver tout un paysage.

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© Chopard – Visuel officiel | Source : Instagram

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© Chopard – Visuel officiel | Source : Instagram

Gloss Planète & Engagements · Chopard · Synthèse Documentaire
Chopard · Les Mouvements De La Matière
Savoir-Faire & Manufactures
Fonderie · Horlogerie · Joaillerie · Métiers D’Art · Transmission

La page entre dans les ateliers pour suivre la transformation de la matière : alliages d’or, fonderie, mouvements mécaniques, sertissage, métiers d’art et apprentissage révèlent la succession de mains qui permet au métal, aux pierres et aux composants de devenir création.

Or, Pierres & Filières
Or Éthique · Mines Artisanales · Barequeros · Diamants · Pierres De Couleur

La page remonte avant la manufacture pour retrouver certaines origines de la matière : mines artisanales du Pérou et de Colombie, Swiss Better Gold, raffineries certifiées RJC, dispositifs de diligence et chaînes complexes associées aux diamants et aux pierres de couleur.

Matières, Circularité & Durée
Lucent Steel™ · Recyclage · Cycle De Vie · Entretien · Réparation

La page observe ce qui arrive à la matière après sa première transformation : contenu recyclé de Lucent Steel™, récupération des chutes, boucle de production européenne, analyse du cycle de vie et services de réparation permettent d’explorer différentes formes de continuité.

Territoires & Biodiversité
Precious Territories · Eau · Arbres · Alpes · Aigles · Écosystèmes

La page élargit enfin le regard autour de la matière et des symboles de la Maison : projets associés aux territoires miniers colombiens, restauration d’écosystèmes, Alpine Eagle Foundation et actions consacrées aux Alpes font sortir l’histoire de l’objet pour retrouver les paysages.


Le Périmètre · Suivre Le Mouvement Sans Confondre Les Étapes

Cette page rassemble les informations rendues publiques par Chopard sur ses savoir-faire, ses matières, ses chaînes d’approvisionnement, ses dispositifs de diligence raisonnable, ses démarches de circularité, ses services de réparation et les programmes environnementaux ou philanthropiques auxquels la Maison est associée.

Gloss Planète & Engagements conserve volontairement ces différents domaines séparés. L’origine d’un métal, sa certification, son contenu recyclé, la réparation d’un objet et le financement d’un programme de conservation ne décrivent pas la même réalité. Ils peuvent appartenir à une histoire commune sans devenir des preuves interchangeables.

Le terme « Or Éthique » correspond au vocabulaire utilisé par Chopard. Depuis juillet 2018, la Maison indique utiliser exclusivement cet or dans ses ateliers pour ses productions horlogères et joaillières. Elle distingue deux grandes voies d’approvisionnement : l’or artisanal produit de manière responsable et l’or Chain of Custody provenant de raffineries certifiées par le Responsible Jewellery Council.

La filière artisanale permet dans certains cas de remonter vers des mines identifiées au Pérou et en Colombie et vers les personnes qui y travaillent. Le programme des Barequeros du Chocó constitue l’un des exemples les plus documentés de cette relation. Gloss ne généralise cependant pas le niveau de traçabilité propre à ces filières à l’ensemble des matières précieuses utilisées par Chopard.

La même prudence s’applique aux diamants et aux pierres de couleur. Processus de Kimberley, systèmes de garanties, Responsible Jewellery Council, Coloured Gemstones Working Group et procédures internes de diligence correspondent à différents niveaux d’encadrement et de connaissance. Leur existence ne signifie pas automatiquement qu’une pierre individuelle puisse toujours être suivie jusqu’à sa mine d’origine.

Le programme d’approvisionnement responsable de Chopard comprend un processus de diligence en cinq étapes couvrant plusieurs catégories majeures, notamment les métaux précieux, les pierres précieuses, l’acier et le cuir. La Maison publie également des politiques, cartographies des risques, procédures et rapports permettant de suivre l’évolution de cette démarche dans le temps.

Lucent Steel™ constitue un autre périmètre. Chopard indique aujourd’hui que cet acier contient au moins quatre-vingts pour cent de matière recyclée et qu’il équipe l’ensemble de ses montres en acier depuis 2023. L’objectif annoncé d’atteindre au minimum quatre-vingt-dix pour cent de contenu recyclé en 2028 reste présenté par Gloss comme un objectif futur et non comme une performance déjà réalisée.

La circularité de cette matière est également distinguée de la durée du produit. La récupération de chutes d’acier et leur transformation en nouvelle matière relèvent d’une boucle de recyclage. L’entretien d’une montre, le remplacement d’un composant ou la réparation d’un bijou permettent au contraire de prolonger l’existence d’un objet qui reste lui-même.

L’Analyse du Cycle de Vie ajoute encore une autre lecture. L’étude menée sur la collection Ice Cube permet à Chopard d’observer différentes étapes de sa chaîne de valeur et d’identifier des zones d’impact. L’ambition annoncée d’étendre cette approche d’ici 2027 à l’ensemble des montres et bijoux ainsi qu’à certains accessoires et espaces commerciaux demeure elle aussi un programme en cours.

Les actions réunies sous Precious Territories possèdent enfin leur propre statut. Certaines sont associées aux territoires situés en amont des chaînes d’approvisionnement, notamment autour de mines et de communautés minières. D’autres concernent des paysages situés plus près de l’univers et des activités de la Maison.

L’Alpine Eagle Foundation, créée en 2021, appartient à cette seconde dimension et poursuit une vocation philanthropique consacrée aux Alpes. Gloss distingue donc explicitement la collection horlogère Alpine Eagle, son inspiration esthétique et les actions de conservation soutenues par la Fondation. Le lien symbolique peut être raconté sans transformer l’un en propriété automatique de l’autre.

Cette distinction est au cœur de notre méthode. Une montre Alpine Eagle ne devient pas un programme de conservation parce qu’elle porte le nom d’un animal. Un diamant n’acquiert pas une traçabilité individuelle parce qu’il appartient à une Maison engagée dans un programme de diligence. Et un pourcentage de matière recyclée ne résume pas à lui seul le cycle de vie d’une création.

En conservant chaque information dans son périmètre, une histoire beaucoup plus riche apparaît. L’or peut être suivi vers la mine, puis rejoindre le creuset. La pierre traverse différentes mains avant le sertissage. L’acier peut retourner dans une boucle. Une montre peut revenir dans l’atelier pour être entretenue. Et le symbole d’un aigle peut finalement nous conduire vers l’animal et le paysage qui l’avaient inspiré.

Chopard occupe ainsi une place singulière dans la bibliothèque de Gloss Planète & Engagements. La Maison permet de raconter le luxe responsable non comme quelque chose d’immobile, mais comme une succession de transformations, de circulations et de retours.

Nous étions partis d’un mouvement mécanique presque invisible à l’intérieur d’une montre. Puis nous avons découvert que tout autour de lui bougeait également : la matière, les mains, les filières, les objets dans le temps et finalement les paysages eux-mêmes.


Chez Chopard,
le mouvement ne reste jamais
enfermé dans la montre.
Il traverse l’or, les pierres et l’acier,
passe d’une main à une autre,
accompagne l’objet dans le temps
puis finit par retrouver
les territoires d’où l’histoire était partie.


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Comprendre · Émerveiller · Transmettre
Priorité donnée aux publications de la Maison et aux organismes directement associés aux programmes étudiés
Distinction entre résultat actuel, objectif futur, programme, certification et dispositif de diligence
Distinction entre origine d’une matière et traçabilité individuelle d’une pierre ou d’un produit
Distinction entre contenu recyclé, circularité industrielle, analyse du cycle de vie et prolongation de la durée d’usage
Distinction entre création inspirée par la nature, financement philanthropique et programme de conservation
Une lecture destinée à transmettre la passion de Chopard tout en suivant la matière depuis son origine, à travers la manufacture et jusque dans le temps et les territoires